Début de notre vie à trois

_MG_9521

Retour à la maison après ses premiers jours passés entre les 4 murs de cette chambre cliniquement blanche à écouter les tous premiers conseils et bonnes pratiques pour les parents idéaux. « Le bain se fait comme ceci, vous devez prendre votre enfant comme cela, vous pouvez le masser comme ça, pour lui donner à manger je vous conseille de…. »

C’est vrai que toutes ces informations sont importantes à appliquer. Il faut savoir que de retour à la maison tout est, comment dire, différent! Et non, nous n’avons pas de baignoire nous évitant de nous plier en quatre pour pouvoir respecter à la lettre les conseils, primordiaux, que l’on nous a enseigné ces trois derniers jours et qui évitera à coup sûr la noyade de notre progéniture. Non, vous ne possédez pas ces fabuleux biberons déjà rempli de ce lait adapté, tout prêt à être avalé par bébé et qu’il suffit de décapsuler pour être ingurgité.

Mais comment, comment allons nous pouvoir gérer, tenir, faire manger, laver notre enfant?! Tous les beaux équipements d’hôpital sont différents des nôtres? Peut-être que ce que nous avons acheté ne sont pas adaptés…Comment va-t-on s’en sortir?

En plus, dans le fabuleux monde de la clinique, Madame (ou Monsieur) la pédiatre n’est pas loin et passe dans tous les cas tous les matins. Plus toutes les attentions des infirmières sur place. C’est beau et réconfortant la clinique. On peut rester un week-end de plus?

Nous voici donc devant nos responsabilités, chez nous, Sylvie, moi et Paul Alexandre.

Lui, pas spécialement inquiet, dans son cosy. Je suis quasiment sur qu’il n’a pas vu la différence. Nous par contre, un peu plus stressés. On se regarde. On le regarde. On commence par quoi? Dans mes souvenirs, je nous vois encore essayer de faire des choses sans le regarder. L’air de dire que « c’est bon, maintenant il est là, ce n’est pas pour ça que notre vie va changer ». Ca a duré 2 minutes et demi environ.

Forcément que notre vie vient de basculer.

On se lève pour bébé, on s’inquiète pour bébé, on se couche en fonction de bébé, on parle de bébé, on rêve de bébé, on vit pour bébé. Les premières semaines sont intenses. Il faut s’adapter à cette nouvelle vie., apprendre à connaître ce nouveau membre de notre famille, que nous avons conçu, désiré mais qui nous, on va le dire, épuise. Oui, c’est vrai que les nuits sont courtes, clairsemées de  moment d’éveil plus ou moins long (là, il faudra remercier votre bonne étoile ou pas…). Il est vrai aussi, que pour ceux qui ont du mal à s’endormir, ne vous inquiétez plus, vous n’aurez plus aucun mal à le faire tellement il vous tardera de retrouver votre oreiller préféré.

Après ces deux minutes et demi passée à errer dans l’appartement, sans savoir quoi faire d’autre que le regarder, lui, ce tout petit être, si bien dessiné et formé, si parfait. Nous le contemplons, l’admirons. C’est le plus réussi des bébés que nous ayons vu, le plus beau (je pense que tous les parents vous dirons la même chose…). Mais c’est vrai que le notre est tout particulièrement réussi😉

A cet instant là, précisément, nous savons que nous sommes parents, que nous sommes passés de l’autre coté de la barrière. Ce monde fait de grandes personnes. Ce monde où les discussions tournent autour des enfants, des couches, des bibs. Ce monde qui nous était si loin lorsque nous nous demandions de quoi parler nos parents lorsqu’on entendait des mots comme « cuisine à faire, ménages, impôts et fin de mois ». Ce monde où l’insouciance n’est plus admise. Ce monde fait d’obligation et de responsabilité.

Nous ne sommes plus de simples enfants, nous sommes parents à notre tour.

 

 

 

 

 

 

 

Papa, nouvelle vie?

image

22h30, mon enfant de 21 mois (oui, une fois que vous êtes parents, vous comptez en mois non plus en année, moi-même je viens de fêter mes 446 mois…. Ah oui tout de même’!, je n’avais jamais compté!!!!) vient de s’endormir.

Jusque-là, pas de problème particulier me direz-vous. Mis à part qu’à cet âge là, il aurait dû dormir depuis longtemps. Quel drôle de père peut bien laisser son enfant, tout fier de ses 21 mois passés, encore debout à cette heure-ci?!

Je viens, en fait, de passer plus d’une heure à essayer de l’endormir. Chose qui jusqu’à présent ne posait pas de problème particulier et qui depuis quelques temps s’avère être très amusant pour lui. Oui, mon fils a tendance à nous faire tourner en bourrique, ma femme et moi, surtout moi. Oui, il sait ce qu’il veut. Oui, c’est souvent lui qui a le dernier mot malgré nos 425 mois d’écart!

Mais commençons par le commencement.

Je m’appelle Jérémy, j’ai 37 ans (si vous êtes curieux, vous le saviez déjà), je suis marié à la plus merveilleuse des femmes qui aura 25 ans jusqu’à la fin de sa vie et nous sommes devenus parents le 8 mai 2014 d’un petit garçon qui s’est appelé Alexandre pendant les 5 premières minutes de sa vie jusqu’à ce que l’infirmiere prononce son prénom. A cet instant précis, mon regard s’est automatiquement tourné vers celui de Sylvie (ma femme) et nous avons su que ce n’était pas ce prénom, qu’il manquait quelque chose.

Il faut savoir que nous avons cherché pendant longtemps un prénom que nous aimerions tous les deux. Un prénom qui nous ressemble. Un prénom qui ne soit ni court, ni trop courant, un prénom ancien, pourquoi pas composé , un prénom un peu bobo, pas un prénom anglo-saxon que l’on retrouve dans les séries américaines. Un prénom qui reste classique, sans trop l’être.

Après ces 5 minutes, ayant autour du poignet son tout premier bijou où l’on pouvait lire le mot, le nom, ce premier choix de parents qui bouleversera à coup sûr le déroulement de la vie de l’enfant. Choix d’autant plus important donc! C’est ainsi qu’au moment où l’infirmière se permît de prononcer ce prénom choisit par nos soins, nous avons tout de suite su, ma femme et moi, qu’il ne correspondait pas en tout point à ce que nous avions imaginé ou rêvé. Avec ce regard, qui ne dura pas plus que 2 ou 3 secondes, nous comprîmes qu’il fallait intervenir au plus vite pour permettre à notre descendance, notre fils, d’avoir un prénom qui lui permettrait, sûrement, du moins on l’espère, de sortir du lot.

C’est vrai que ce n’est pas un prénom commun, peut-être un peu dur à porter dirons certains. Nous avons bien vu toutes ces personnes qui nous répondent « waaaah c’est beau » qu’ils pensent plutôt le contraire et se disent « au le pauvre petit… » En même temps, qui dira que le prénom de votre enfant est moche? Personne.

Une chose est sûre, nous ne regrettons pas du tout ce choix et nous le trouvons même encore plus beau depuis qu’il commence à le dire.

Notre enfant s’appelle donc Paul Alexandre.